De Bureaupedia (wiki du FBI) au "rebond narratif"...

On connaissait déjà Intellipedia, le wiki mutualisé des agences du Renseignement US ; voici annoncé Bureaupedia, également développé sur base Mediawiki, et qui devrait prochainement être installé sur l'intranet FBINet - si l'on en croit les auteurs de l'article sus-lié.

Un wiki rien que pour le FBI, et donc à rebours de l'effort préalable de mutualisation d'Intellipedia, pour un plus vaste espace partagé ; c'est un des points soulevés dans l'article.

Autre élément : le fait que ce wiki soit dors et déjà envisagé pour un usage très précis : faire accoucher les personnels bientôt en retraite de leurs savoirs et connaissances tacites.

Il est ainsi question de ne pas laisser s'en aller dans la nature (dans les têtes), les quelques 30 années d'expérience par personne passées dans la maison...

Au premier rang d'entre eux, car il sera concerné à double titre dès octobre 2008, le Chief Information Officer du FBI : Zalmai Azmi. Il envisage de léguer sur ce support wiki : ses “best practices, things that he did differently, things that he wishes he had done differently.”

J'ai graissé ce qui me semble le plus intéressant, car j'ai déjà eu à l'epsrit cette idée d'une plateforme qui consisterait en un lieu de "story-telling" (il faudrait affiner l'expression, mais à cette heure je ne sais pas comment le dire en français..)

Je pensais par là à un lieu où l'on rendrait compte, et où l'on se rendrait compte (exercice réflexif avant tout...) de ses échecs individuels et collectifs. Du story-telling pour travailler sur la forme, qui permettra d'arriver à faire ses contes...

En effet : s'il semble assez évident que la valeur d'usage de plateformes participatives, est corellée à la possibilité de tester des hypothèses (i.e : de valider ensemble des idées et propositions) ; donc en les publicisant devant ses pairs (voire un cercle plus large) : alors il faut garantir à l'individu qui joue le jeu, un "droit à l'erreur".

Mais il semble tout aussi patent (d'où l'importance de fonctions supports renouvellées) que sur ce versant des affaires, on est confronté à des problématiques de non-dits...

On doit pourtant l'admettre : même si le sujet web 2.0 (et "entreprise 2.0") a été et est encore discuté, entendu, débattu et rebattu... quand bien même : les feuilles (pages du web 2.0) mortes se ramassent à la pelle, et on ne compte plus les wiki-fantômes ; et je parie qu'on serait bien en peine de lister les comptes inactifs/dormants de ces services 2.0, pourtant comptabilisés aux actifs.

Et donc, pourtant ou justement, inciter les individus à revenir sur ce qui n'a pas bien fonctionné... pas simple. Comment faire ?

Peut-être déjà renverser l'approche : évoquer/penser en terme d' "expériences non-réussies" plutôt que d'échecs ("lessons learned")- bien entendu il faut admettre le besoin d'une auto-critique.

Et puis peut-être inventer un mode narratif qui va bien (un "rebond narratif" ?) - un mode qui puisse s'accorder au singulier/pluriel ; peut-être : "si j'avais une seconde chance..." - "si c'était à refaire"... - "si nous devions mieux faire..." - ...

J'avais imaginé une telle plateforme comme un potentiel grand bazar public... mais c'est au coeur des entreprises mêmes je crois, qu'on gagnerait à actionner ce type de pratiques.

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