La carte, le territoire et la marquise (billet d'humeur)
En prenant connaissance des divers "dispositifs" mis en place dans le cadre de Futur en Seine (réalité augmentée mobile ou encore prestidigitation en sur-impression), une idée m'est venue.. soudain cela m'est apparu comme une évidence : je crois que je tiens une piste sérieuse pour adresser le débordement annoncé des guichets du Pôle Emploi !
Ecoutez plutôt : il suffira d'enjoindre chaque demandeur d'emploi à s'équiper d'un dispositif de réalité augmentée. Il est important de noter que le coût de l'équipement sera à la charge du chômeur, le dispositif pouvant en effet lui servir à de nombreux autres usages - entertainment en particulier (ceci permettant par ailleurs à l'oisif potentiel, de participer à loisir, à l'effort de relance dont notre pays à grand besoin).
Notez d'ailleurs que si l'on en croit l'un des promoteurs de cet évènement (interviewé dans Place de la Toile) : "tout le monde possède déjà 5 ou 6 terminaux mobiles connectés" (sic!), ce qui justifie à ses yeux (et en réponse à la question de la journaliste : "mais pour quoi faire tout ça") un tel show-room d'expériences toutes plus utiles les unes que les autres ("se préparer aux modes de communication de demain, quand nous auront tous des murs d'images chez soi" (sic!!), et surtout à la pleine mesure des enjeux auxquels est aujourd'hui confrontée notre société. CQFD.
En bref : on peut tout à fait imaginer un partenariat entre Pôle Emploi, et les opérateurs de réseaux mobiles, pour proposer des offres incluant le terminal de réalité augementée, et accessibles y compris aux plus indigents.
Mon idée consiste à dégorger les guichets du Pôle Emploi, en renvoyant le demandeur arpenter les rues de sa ville pour s'y livrer à une recherche d'emploi ludique !
Le dispositif intègrera la mise à disposition individuelle d'un "instrument prédatoire" virtuel : ne vous méprenez pas quant à la dureté apparente (virtuelle donc) des termes ; il s'agit bien au contraire d'enjoliver une réalité, qui de fait est de plus en plus dure pour nos concitoyens, en jouant ("en vrai" et sur sur les termes), dans un pur esprit "bon enfant", afin de détourner en particulier des pulsions sinon entropiques. De la guerre au jeu. CQFD.
Selon le profil du demandeur d'emploi il pourra s'agir d'un simple filet à papillon (par exemple pour une jeune fille aspirant à un emploi d'assistante maternelle), ou carrément d'une kalachnikov virtuelle (dans le cas de jeunes chômeurs de la Courneuve par exemple, dont on connaît l'appétence pour les FPS et autres jeux guerriers - et par ailleurs le besoin de canaliser leurs énergies étrangement destructrices, quand bien même - on le voit nettement sur le type d'évènement qui précisément ici m'inspire : tout est possible du moment qu'on veuille bien y mettre un peu de bonne volonté).
Pôle Emploi assurera la virtualisation de ses offres (notez que le chemin est déjà à moitié parcouru..). Des offres d'emploi en forme d'avatars : papillons, autruches ou lapins violets (qui évoluant ainsi dans "Ma ville en Rose"... esthétiseront un peu plus encore notre environnement urbain "augmenté".. pour le bonheur de tous).
L'avatar aura une taille inversement proportionnelle aux avantages liés à l'emploi "visé" (salaire, RTT, etc.), mais également en fonction du nombre de personnes l'ayant pris pour cible. Cette propriété dynamique pourra se complexifier par un ajustement par feedback de l'offre (salaire notamment).
Ceci permettra une saine émulation entre les demandeurs d'emplois, dans le plus pur esprit méritocratique de l'Open Source - permettant ainsi de participer à la réhabilitation de la valeur travail dans ses termes essentiels.
Les moins méritants chanceux (les moins agressifs, ou atteints de strabisme), auront toutes fois la possibilité de reconstituer leur "permis de chasse à l'emploi" : c'est à dire d'acquérir les précieux points défalqués en raison de leurs échecs, en participant à des travaux d'utilité publique sur un wiki de dernière génération (avec des formulaires de saisie préformatés) ; ils l'alimenteront des précieuses données nécessaires à l'affinage des modèles informatiques qui sous-tendent ces multiples dispositifs de la Ville de demain (données de bases acquises automatiquent lors de leurs déplacements).
Un classe intermédiaire de "presque méritants" (parmi les "infortunés" chasseurs d'emplois), aura la possibilité de disposer de tarifs préférentiels pour afficher un peu plus leur motivation sur un mur dédié (où si la carte et le territoire se confondent habilement, on pourrait espérer trouver matière à alimenter auprès des plus jeunes un travail pédagogique visant à démystifier l'idée fallacieuse de gratuité-soit-disant-parce-que-c'est-virtuel)
Ahh.. excusez-moi.. on me souffle à l'oreillette que.. des comptes Twitter ont été suspendus.. et qu'on a retrouvé.. oh mon Dieu.. des corps humains (on ne sait pas encore s'ils sont réels ou virtuels) suspendus au mur de Tweets de la place du parvis de l'Hôtel de Ville.
Nous demandons à tout un chacun, de raison garder ; en ces périodes troubles la solidarité virtuelle... comment ? Oui, oui.. rassurez-vous.. tout va très bien Madame la Marquise.
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Commentaires
La carte, le territoire et la marquise
Bravo, bien vu et joliment troussé, mais vous serez d'accord que, faute d'efficacité, nous devons tout d'abord passer par l'allocation universelle : http://appelpourlerevenudevie.org/
Salut Seb. Le scénario
Salut Seb. Le scénario demande à être peaufiné un chouïa mais tu tiens là une bonne piste! il faudrait que lors de la balade dans la rue et dans les immeubles, "ça matche" (selon différents degrés de logique floue) entre les profils transportés par les demandeurs et les offres qui flottent éventuellement dans l'espace. Seulement en cas de matching où la demande (d'emploi) est adaptée à l'offre, les représentations apparaissent et permettent la mise en contact. C'est le premier niveau de jeu. Dans les niveaux suivants , les rôles s'inversent et c'est l'offre qui doit aussi s'adapter à la demande, ce qui parait normal dans un marché quelconque (je me rends compte tout d'un coup que le marché de l'emploi est un cas ou l'offre impose souvent la forme de la demande...). Il y a justement un appel d'offre pour les Serious Games en ce moment qui émane du secrétariat d'état à la prospective, faudrait s'associer au pôle emploi, et engager une démarche de metadesign ? Sinon , par rapport à "Futur en seine", tu as assisté à http://selfworld.net/event_show/128 ? (les vidéos sont en ligne, beaucoup de ressources artistiques intéressantes) @+ --y
Salut Yann, merci pour le
Salut Yann, merci pour le commentaire (michelbm aussi - soussigné :). En fait j'étais à moitié sérieux dans le texte... issu du sentiment d'assister à un déballage techno, forcément promotionnel aussi, reste à savoir quoi et qui, et qui ne dit pas grand mot d'ailleurs quant à ce qui va se jouer comme "enjonctions" derrière...
Depuis j'ai vu passer ça : http://layar.eu/ - qui préfigure peut-être à quoi pourrait ressembler demain la consultation d'une couche emploi surimprimée sur paysages urbains...
btw : pour rebondir sur ce que tu disais de l'emploi comme marché "où l'offre impose souvent la forme de la demande" : http://www.liberation.fr/economie/0101574602-et-british-airways-crea-le-... : voilà une offre plutôt innovante...
ps : quand tu es passé les commentaires étaient en mode modéré, suite à multiples mises à jour et reparamétrages incertains.. a priori c'est sans.
--- SSa
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