J’étais présent le jeudi 15 janvier dernier à une réunion d’information dans les locaux de la Mairie de Villeparisis, concernant le projet de création d’AMAP porté par le collectif Écologie Durable.
Une AMAP est une « Association pour le maintien d’une agriculture paysanne » : cf. Wikipedia pour en savoir plus sur l’histoire et les objectifs de ce concept.
Note : dans ce projet-ci il est question d’une « agriculture biologique » (relativement aux normes en vigueur) ; ce n’est pas nécessairement le cas de toutes les AMAP.
Principe de fonctionnement
Le principe d’une AMAP est de mettre en relation directe un maraîcher avec un collectif de « consom’acteurs » associés.
Intérêt pour le maraîcher : travailler la terre en respectant ce qu’elle est et peut donner, sans artifices nuisibles à terme pour la biosphère (j’utilise ce terme ici pour désigner : la terre, les eaux, la vie animale, humaine…).
Intérêt pour le « consom’acteur » : disposer de produits de meilleur qualité, tout en participant au respect de l’environnement.
Seul problème a priori : nous sommes habitués à consommer des légumes bien calibrés, par exemple des tomates bien rouge et bien rondes en toutes saisons, quand bien même ils n’ont plus aucun goût ; des habitudes bien ancrées.
De fait un maraîcher qui proposera des légumes de qualité, mais non calibrés, risque de ne pas pouvoir écouler sa production. Les consommateurs accompagnent donc pleinement le développement d’un projet AMAP : d’où « consom’acteur » (également en référence à l’impact sur l’environnement, voire d’autres plus indirectement : cf. ci-dessous).
Pour résoudre le dilemme, on établit une « règle du jeu » sous forme d’engagement réciproque : le maraîcher s’engage à livrer toutes les semaines un certain volume de fruits et légumes, et les membres de l’AMAP s’engagent de leur côté à les acquérir sous forme de « paniers ».
Chaque adhérent à l’AMAP (via une faible cotisation symbolique), s’engage ainsi pour 6 mois ou 1 an.
Noter enfin que c’est l’AMAP qui assure la logistique locale : mise à disposition d’un lieu chaque semaine pour conditionner et distribuer les paniers (ce qui suppose la participation de 3 ou 4 membres, qui peuvent tourner).
Considérations au-delà de la qualité des produits
Notre futur maraîcher était présent à la réunion pour nous apporter des précisions techniques, mais également exposer le pourquoi de son engagement dans une activité agricole de cette nature particulière.
Signalons au passage la dimension économique voire politique, qui a toute son importance dans une époque de délocalisations sauvages et de dérèglement climatique : il est bien question ici de relocaliser le cycle production/consommation (i.e en particulier éviter des circuits de distribution parfois sur-réalistes en terme de déplacements).
Pour notre jeune maraîcher, il s’agit véritablement d’investir un « lieu de vie » -c’est à dire avec une approche globale, où il souhaite à terme diversifier sa production : démarrage avec une quarantaine de variétés de légumes, mais pour évoluer ensuite vers des prés vergers, de l’apiculture (miel), et pourquoi pas des oeufs et de la viande, une production de cidre…
A noter également la notion de « lien » essentielle au projet : lien entre les mondes ruraux et urbains bien entendu, à d’autant plus forte raison qu’il s’agit là d’un projet qui démarre – donc accompagnement du maraîcher.
Lien entre l’homme à la nature, notamment dans le respect des cycles naturels (i.e production de légumes de saison), et l’emploi de méthodes de production conformes au label AB.
Et puis enfin par « effet de bord », il y a aussi des possibilités de tisser du « lien social » entre les membres de l’AMAP et plus largement entre « urbains ».
Par exemple dans l’animation logistique déjà évoquée, ou encore au travers de visites au producteur prévues 2/3 fois l’année – avec une pause « casse-croûte du terroire » ;~)
Et puis on peut imaginer d’autres opportunités de lien social : par exemple à travers le besoin de réapprendre à cuisiner certains légumes de saison, la possibilité de partager des recettes – et pourquoi pas des fourneaux..?
Ou encore en invitant amis, voisins ou famille à prendre livraison d’un panier en cas d’absence ; ou encore à organiser l’écoulement de surplus éventuels, vers des associations telles que les Restos du Coeur.
Détails : quand, pour qui, comment ?
Ce projet d’AMAP concernera une zone géographique triangulaire, délimitée par les communes de Villeparisis, Mitry et Claye-Souilly.
Localement une grosse trentaine de familles – c’est-à-dire de paniers. Plusieurs tailles sont prévues : pour 2/3 ou 4/5 personnes – avec un budget oscillant entre 12 et 16€.
L’AMAP en cours de création rejoindra ainsi le réseau des AMAP franciliennes.
Démarrage prévu en septembre 2009.
Pour plus d’information : ecologiedurable at yahoo.fr (corriger l’adresse)