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2 novembre 2006

Ville 2.0

Publié par sebastien dans Citoyenneté, Internet local, SIG, Urbanisme, Vie locale

On assiste de plus en plus nettement sur Internet à l’émergence d’une dynamique bottom-up (traduction : « issue de la base ») relativement inorganisée, et qui résulte de l’appropriation de ce réseau qui est aussi un espace public, par un certain nombre d’internautes habitants les villes (comme j’essaie de le faire ici).

Sur le terrain de la communication et de l’expression publique, les infrastructures, institutions, commerces, ou encore l’activité quotidienne des citoyens élus ou ordinaires, fournissent la matière éditoriale à de multiples blogs; mais aussi à des sites d’information institutionnels.

Un autre usage des technologies d’information et de communication en environnement urbain, est celui de la représentation numérique des villes : les cartes. Ces dernières peuvent être institutionnelles (par exemple les systèmes SIG ou de cartographie du traffic) ; mais plus uniquement : les citoyens peuvent désormais investir des outils comme GoogleMap et réaliser des cartes thématiques liées à leurs territoires de vie (cf. multiples liens à la fin du billet).

Osmose entre territoires physiques et numériques

Il semble que le processus suivant soit en pleine expansion : celui qui tend à réaliser l’imbrication des univers physique et numérique, autrement dit à actualiser l’osmose entre la carte et le territoire. C’est très perceptible en actes comme en intentions , quand on considère l’adjonction croissante de capteurs au sein des territoires physiques.

La FING – une fondation dont le métier est la prospective sur les usages de l’Internet- a lancé un programme d’actions baptisé Ville 2.0 – le « suffixe » 2.0 indiquant vraisemblablement une orientation vers des usages et services centrés sur les usagers.

Dans un article paru sur Internet Actu (publication FING/CNRS), on peut lire comment est envisagé dans ce nouveau contexte d’urbanité, le rapport de la « carte » au « territoire » :

« une ville dont la carte “est” le territoire, non parce qu’elle en serait devenue le reflet fidèle, mais parce qu’elle le produit et interagit directement avec elle ; une ville dans laquelle on vit, travaille, joue, se cultive et débat de l’avenir dans l’espace numérique autant que dans l’espace physique, sans opposer l’un à l’autre ; »

« Praticité »

Considérons le scénario suivant : des bus de transport en commun signalent leur position au moyen d’un GPS -> cette information est rendue accessible en temps réel sur Internet et notamment via des terminaux mobiles (ex. téléphones portables) -> l’usager peut adapter son rythme de vie au plus près de la réalité du passage des bus -> le taux de fréquentation est suivi en retour.

Je prend cet exemple parce qu’il me tient à coeur et qu’il illustre la praticité très séduisante d’un tel usage de capteurs, mais aussi parce que de multiples acteurs des transports publics semblent investir ce domaine – ils seront présents lors de la rencontre « Ville 2.0″ organisée par la FING le lundi 6 novembre prochain.

Le sujet est vertigineux car il n’y a pas de raison de limiter l’interaction entre territoires physique et numérique aux seuls transports (je mets de côté ici les usages orientés « communication » et « lien social », tels que les blogs citoyens – un sujet vertigineux aussi : liberté d’expression et notion d’espace public en démocratie). En terme de « praticité » on entend notamment parler de :

  • accéder aux réseaux de vidéosurveillance de son quartier, depuis tout ordinateur connecté à Internet ;
  • recevoir sur son portable des offres promotionnelles personnalisées, quand on parcourt une galerie marchande – notez qu’il faudra qu’on vous identifie ;
  • ou pour aller plus loin : équiper Mamie qui n’a plus toute sa tête d’une puce électronique, afin de la suivre à la trace et s’assurer qu’elle retourne bien à la maison de retraite après être allée en course.

Contrôle des données

Tout ceci est vertigineux parce que derrière les innombrables services urbains possibles et imaginables, on peut se demander qui contrôlera toutes ces données – notamment les données personnelles ?

C’est un questionnement proche de celui qu’on peut avoir quand on envisage le concept de Web 2.0 ( je l’ai évoqué ailleurs… à croire que tout est dans le suffixe…

Plus largement c’est la question même de « contrôle » qui me semble problématique – je me suis d’ailleurs posé la question suite à la réponse de TVF dans le cadre de problème de transports urbains (qui va porter le chapeau..?).

Bref la Ville 2.0 en tant qu’osmose entre territoires physique et numériques, apparait comme un concept fascinant.

Des projets lourds d’investissements vont être impulsés sur un mode top down (traduciton : « du haut vers le bas »), à l’initiative des grands acteurs du paysage urbains. Ils souhaiteront vraisemblablement associer les usagers/citoyens à la définition des « besoins » et à l’affinage des interfaces.

Raison de plus pour essayer d’y comprendre quelque chose en amont afin de pouvoir mettre en balance, d’un côté la praticité des services qu’on nous proposera, et de l’autre les modes de contrôle/supervision qui seront nécessairement associés.

Liens

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