Quand le Conseil général va à la rencontre des Villeparisiens
Billet mis à jour le 31 mars 2006
Mardi 28 mars 2006, le Conseil général de Seine-et-Marne rendait visite aux Villeparisiens. Pour l’occasion, son président Vincent Eblé avait fait le déplacement accompagné de Michèle Pélabère, conseillère générale du Canton de Claye-souilly (également adjointe au maire de Villeparisis aux affaires culturelles). Des visites sur le terrain avaient eu lieu plus tôt dans la journée. La réunion publique s’est tenue à 20h00 au stade Aubertin. Objectif de la rencontre : faire plus ample connaissance avec les administrés.
Premières impressions
N’y allons pas par quatre chemins : le « jeune diplômé de sciences-po qui anime la soirée » n’est pas du tout notre tasse de thé. Le Conseil général avait souhaité donner la parole à un panel d’habitants du Canton, et présenter la quintessence de cette vox populi sous la forme d’un film. C’est plutôt louable et peut permettre d’amorcer des discussions.
Pour l’occasion une agence de communication avait interviewé une vingtaine de personnes des communes alentours, et réalisé un court-métrage de vingt minutes environ. C’est cette même agence qui animait la soirée, en l’occurrence son fondateur entouré de deux assistantes (pour l’accueil et pour faire circuler les micros).
Le court-métrage était plutôt bien réalisé. Les deux jeunes femmes qui entoure l’animateur plutôt sympathique. Alors tout baigne..? Probablement, mais ça dépend du point de vue.
On peut en effet considérer comme problématiques les dépenses d’énergie, de temps et d’argent public nécessaires pour scénariser de la sorte un débat, en jouant notamment sur des ressorts propres au monde de la com’ : le côté « plateau de télévision » (« A vous de juger ») à notre sens très discutable ; de même que l’intermédiation un peu forcée par un journaliste-animateur censé canaliser la salle, et dire le « quand » poser des questions ; et dire aux élus « quand » y répondre ; bref fixer le cadre à notre place – nous : élus et administrés.
Bien entendu c’est un métier que gérer une salle, et on sait que le dialogue entre les citoyens et « le politique » est délicat. On peut donc comprendre qu’on veuille s’en remettre à un spécialiste de la com’ privée pour faire le pont. Il fera preuve d’une assurance tranquille – mais un peu trop désinvolte à notre goût. L’évènement aura été rondement mené. Habilement déroulé avec un discours bien rôdé.
Dans une époque d’incertitudes, une mise en scène carrée et efficace vaut son pesant de bonbons.
Détournement d’attention ?
Ceci étant il semble qu’il puisse être contre-productif aussi : même si les filles étaient bien mignonnes, nous n’étions pas venu visiter un Salon de l’Auto. Et même si l’animateur avait de l’humour, on avait le sentiment qu’il poussait à noyer le poisson…
Les Villeparisiens présents ce soir là, étaient en effet venu pour dialoguer avec leurs élus. Des préoccupations locales donc, qui nécessitent comme tel d’éliminer les parasitages afin d’instaurer une relation de proximité. Surtout quand les élus, comme c’est le cas ici semble-t-il, annoncent leur souhait de renforcer l’identité d’un département comme la Seine-et-Marne.
En revanche si cet effet de mise à distance eût été voulu : alors ce fut habile. Quand les élus prirent enfin la parole, on leur aurait tout pardonné ou presque : car enfin! ils se mettaient en relation avec nous ; enfin! ils allaient nous confirmer avoir entendu ce qui avait été dit avant dans le film, ou au travers des questions reformulées par « l’animateur ».
Mais habile ou non… peu importe.
Sur le fond
Une impression étrange nous est restée quant au fond du débat : par exemple une question pertinente avait été posée à peu près ainsi :
« Comment fait-on avec ce RER B qui ne marche plus, qui craque de monde tous les matins et déborde de travailleurs qui continuent de payer en vain pour que ça s’améliore… et quand bien même on investit… mais seulement pour les touristes – CDG Express ? »
Cette question s’inscrivait plus largement, dans un questionnement quant à la politique de transport en Ile de France. La réponse fût :
« Ne songeons pas en tous les cas, à la construction de nouvelles infrastructures : c’est utopique. Renforçons plutôt le service personnalisé à la demande. »
Bien, bien… sauf que ce n’était pas la question. La question était :
« Quelles compétences avez-vous (entendu : quel est le pouvoir potentiel du Conseil Général ?) - pour faire pression sur la Région, ou tous acteurs qui sont à même de faire en sorte que la qualité du transport sur cette ligne soit améliorée, pour les travailleurs qui la prennent tous les matins pour aller bosser ; et qui payent son fonctionnement ? »
La question est restée pleine et entière. Le message méritait d’être entendu, plutôt deux fois qu’une ; une question qui ne s’adressait d’ailleurs pas en priorité semble-t-il, aux élus du Conseil général.
Il s’agissait là de Politique générale, et ce sont donc les socialistes derrière les élus qui étaient interrogés. C’est le socialisme qui était questionné sur sa vision politique générale, en tant que force d’opposition, bien obligée à ce titre à une vision inventive et contestataire. Nécessairement non orthodoxe… vu les circonstances. On est de gauche… ou pas.
Ce mardi un certain nombre de français anxieux défilaient dans les rues. Ce même jour, c’est malheureusement une réponse « technique » qui aura été apportée à une question posée à Villeparisis, sur un aspect majeur de la vie quotidienne des gens. Tant pis.
Optimisme
Bon… nous critiquons… mais de bonnes impressions restent à l’issue de cette soirée, notamment en regard de ce que souhaite réaliser NotreVilleparisis.info.
Tout d’abord l’effort d’ouverture au dialogue de la part des élus doit être salué, et à ce titre encouragé.
Par ailleurs :
- qu’il y ait un vrai besoin chez les élus d’en savoir plus sur les besoins de leurs administrés, ne fait aucun doute. Nous sommes convaincu que des espaces sur Internet tels que NotreVilleparisis.info, peuvent jouer un rôle d’intermédiation d’un nouveau type, et permettre que s’expriment les besoins des citoyens ; et donc participer d’une forme de citoyenneté… participative.
- il est également apparu que l’on dispose d’un matériau très riche pour nourrir, fertiliser, constituer un tel support : un matériau à portée de main, ou à portée de dialogue plutôt. Il est dans la tête des gens : ce sont leurs désirs, leurs souvenirs, le vécu de nos aînés notamment.
Nous croyons que c’est là que réside l’enjeu pour un site comme NotreVilleparisis.info : raconter des histoires. Relater l’Histoire.
Par exemple l’histoire de ce monsieur qui nous expliquait être venu vivre à Villeparisis pour y trouver la campagne… et qu’il l’avait appréciée avec ses 5.000 habitants. Mais c’était il y a longtemps, et la campagne a disparu depuis autour de sa maison…
Entendue aussi l’histoire de ces retraités qui parcourent la ville avec un œil critique. Et puis de cette jeune femme qui aimerait bien trouver du boulot. C’est compliqué.
Toutes ces histoires pourraient permettre de retisser du lien.
C’est aussi l’Histoire d’une ville et d’un territoire. Un vécu qui pourrait peut être éclairer les choix des acteurs d’aujourd’hui ?
Bonjour Sébastien
J’ai lu tout ce compte rendu, tout cela est intéressant, mais as-tu un peu de commentaires pour animer ton blog, car je les ai pas vu.
A bientôt
Colette
Je continue à parcourir notre villeparisis infos
Salut Colette,
ben malheureusement pas tellement, de commentaires comme tu le vois. Mais je n’ai pas fait de pub non plus… notamment parce que mon boulot me prend du temps.
Et puis l’objectif, c’est vraiment d’arriver à écrire à plusieurs mains – têtes
, pour que se rapproche cet espace qui est sur internet, de notre territoire de vie/ville.
Tu te doutes que même si l’Institution sait que je ne compte pas faire de « politique politicienne » comme on dit de nos jours, elle représente aux yeux de tous, LE seul canal d’expression légitime.
Faire en sorte que des citoyens s’essayeent avec moi à cette expérience, n’est pas donné. Pourtant tout reste à faire !
Si tu as des idées, si tu connais des gens qui ont envie de participer à une telle « entreprise », n’hésites pas à m’en faire part par courrier électronique. On peut se renconrter à l’occasion même, pour en discuter.
a+ — Sébastien.