Je serai bien en peine de vous faire un résumé décent de la dernière intervention de Bernard Stiegler, au Collège international de philosophie, et qui avait pour titre “Du psychopouvoir à la noopolitique (2)”.
Bien que je ne sois pas certain que le discours séduise les tenants d’un Web 2.0 sans soucis, et libre de tous engagements (…), j’en recommande malgré tout l’écoute ([mp3/120Mo]) à tous les amateurs, prescripteurs et consultants en matière de social networking (prévoir deux heures).
Bernard Stiegler y aborde en effet ce sujet parmi d’autres, mais surtout en le situant au moyen d’un certain nombre de concepts : individuation, attention, niveaux de “rétention” de l’information, concept du “prendre soin”…
Quelques clés de lectures qui peuvent être utiles à tous ; pour ma part elles le sont.
note : la liste des enregistrements audio des interventions de B. Stiegler est disponible sur le site d’Ars Industrialis.
Via l’excellent fluctuat.net, je viens de découvrir ce que proposera prochainement le logiciel Melodyne, en matière de traitement du son.
Leur technologie Direct Note Access (judicieux acronyme) permettra d’extraire d’un échantillon numérique sonore, chaque note pour la traiter indépendamment.
Ainsi dans l’exemple suivant, un guitariste a gratté avec ses petits doigts quelques accords. Le son est numérisé et chaque accord décomposé en ses notes constitutives, qu’il est possible de visualiser.
Il est surtout possible dès lors d’en changer les caractéristiques (hauteur du son, timing), et de recomposer des accords à loisir.
Et de réécouter l’ensemble, afin d’évaluer si les changement sont judicieux, si c’est harmonieux.
La qualité du rendu est impressionnante :
Je ne peux m’empêcher de songer un parallèle avec le traitement des connaissances. Et si nous faisions participer ceux de nos cinq sens (le 6ième étant censé déjà jouer un rôle important, sinon majeur), que nous négligeons de nourrir ?
Ainsi dans un système de KM, des contributeurs qui enregistrent des informations. Chaque contribution étant alors décomposée en ses idées constitutives, qu’il serait possible de visualiser.
Et surtout il serait possible d’en changer les “caractéristiques” (gravité, séquençage), et dès lors de recomposer les contributions à loisir.
Et de reconsidérer l’ensemble, afin d’évaluer si les changements sont judicieux, si c’est harmonieux. A l’oreille pourquoi pas : “Tiens une symphonie !”…
Peut-être qu’une approche un peu plus artistique de la gestion des connaissances, ne nous ferait pas de mal…
En plein dépoussiérage de printemps, j’ai installé PSI Secunia pour m’assister dans cette tâche. Cet utilitaire gratuit vous avertit dès que vos logiciels ne sont plus à jour par rapport à leur dernière version “secure”.
Secunia semble être une entreprise sérieuse. Et leur produit est vraiment très pratique, car il permet de traiter comme un processus d’ensemble, la majeure partie des mises à jour du PC, d’un coup d’oeil, et en quelques clicks de souris.
Pour chaque application signalée “insecure”, un lien direct est en effet proposé vers la mise à jour.
Ceci est très pratique quand vous avez choisi de conserver d’anciennes versions de logiciels, dont on peine parfois à trouver les mises à jour de façon évidente sur le site web du fournisseur.
C’est également utile pour les applications qui ne proposent pas de fonction de vérification embarquée (ainsi PSI m’a appris que je pouvais upgrader FileZilla de la 2.2.x vers la 2.2.32 avec une implication en terme de sécurité - impossible à savoir aisément juste en se rendant sur le site).
Cet utilitaire permet également de traiter les applications qui ne sont pas/plus bien cataloguées dans la liste des programmes : en effet il scanne votre disque dur, et fournit pour tous les exécutables qu’il a identifié, le chemin vers chacun d’entre eux (ainsi j’ai réalisé que j’avais cinq versions du JRE Java…)
Enfin à noter que PSI signale également les applications “end-of-life” (qui ne sont plus supportées).
Note : j’ai profité de ce grand élan de mises à jour, pour quitter KerioPF (la version que j’avais n’était plus très stable sur ma configuration) pour Comodo Firewall Pro - gratuit.
Et une fois ajusté son rôle avec d’autres logiciels qui ont trait à la sécurité (Spybot-S&D, avast!), c’est étonnant comme le PC fonctionne mieux…
J’adore Internet, j’y apprends au moins un truc chaque jour.
Ainsi je ne savais pas que le contenu des fenêtres de dialogue de Windows, peut être copié dans le presse-papier avec la classique combinaison de touches Ctrl-C.
C’est plutôt contre-intuitif, puisqu’on ne peut pas sélectionner ce contenu avec la souris. Mais ça marche :
Pratique en particulier pour le dépannage, pour noter des messages d’erreurs.
Je viens d’intervenir dans deux établissement scolaires, le collège Henri Sellier à Bondy, puis le lycée professionnel Saint Vincent de Paul à Saint-Denis.
Ces interventions avaient pour cadre le projet Village Globale qui ressort du Passeport Découverte (pdf), programme proposé aux établissements de Seine-saint-Denis par la Fondation 93.
La Fondation 93 est un Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI), partenaire du CG93.
L’objet de ces interventions était de sensibiliser les élèves aux pratiques collaboratives en vigueur sur Internet. En l’occurrence je témoignerais en tant que résident du “monde collaboratif” de l’Internet ; et pratiquant bien entendu.
A noter qu’il s’agissait là d’élèves, qui rencontrent des difficultés dans la scolarité ordinaire.
J’avais préparé cette trame comme support personnel, pour m’aider à formaliser mon “discours”. Elle comprend également quelques liens vers des ressources, afin d’illustrer sur place mes propos.
Sur des wikis ouverts pour l’occasion, j’ai déposé ces éléments à la disposition des élèves et des enseignants, afin qu’ils puissent revenir sur ce qui aura été dit et montré.
J’ai utilisé des wikis parce que c’était pour moi le plus simple, mais surtout parce que je voulais proposer aux élèves d’y inscrire (librement) pendant la session, ce qu’ils avaient retenu de nos échanges (ce qui leur permettrait de tester un wiki, dans la foulée).
Morceaux choisis (et réécrits afin de corriger les principales - et assez nombreuses… fautes d’orthographe/grammaire) :
«Il nous a parlé d’Internet et du web 2.0. Il nous a montré et dit qu’il y avait 250 langues. Il nous a dit qu’il n’y avait pas souvent des choses vraies sur internet. Il nous a dit qu’avant Google n’était qu’un moteur de recherche et depuis il a évolué. Plus besoin d’aller sur Word on peut aller sur Google Documents.»
«Il y a des nouveaux services où on peut stocker des choses dans le réseau du net. On peut mettre toujours des choses sur le net, il y aura toujours de la place. RSS permet de prévenir toutes les personnes s’il y a un problème technique qui touche à leurs choses sur le net.»
«Mise en garde : protéger toujours notre vie privé. Contenus libres, tout le monde contribue a créer quelque chose qui appartient à tous.»
«La personne qui a inventé le web a voulu que ce soit universel. Le web est un endroit où l’on peut mettre les choses. C’est gratuit parce que ça n’appartient à personne, tout le monde peut y aller.»
«Il y a des gens qui étaient habitués à l’encyclopédie avant, et maintenant que Internet existe ils utilisent maintenant des sites comme Wikipédia qui est devenu un site très fréquenté.
On a moins besoin d’avoir plusieurs livres ou des dicos chez nous, parce que Internet maintenant nous donne la possibilité de rechercher beaucoup de choses.»
«Rien ne garantie que les articles de Wikipédia sont vrais alors qu’une vraie encyclopédie, oui !
& Windows est toujours plus facile à utiliser que d’autre systèmes d’exploitation…»
«Web2.0
Pages web créées à partir de 1990. Le web est universel (tous le monde a accès dans toutes les langues, tous les pays.)
Pour les aveugles il existe un système où lorsque ils ouvrent internet à l’aide d’un logiciel, tout ce qui est affiché sur la page web est mis en lecture.
Il n’y a pas de différence entre le web et le web2.0. Le web2.0 est très marketing, c’est gratuit au début et payant après.
Pourquoi wikipédia est gratuit? C’est défini légalement. On accepte que nos contributions ne nous appartiennent plus, ça appartient à tout le monde.»
Je trouve ces extraits très signifiants sur plusieurs points :
Problématique de l’écrit : (une forte barrière pour ces élèves, j’ai vraiment repris les textes sur la forme). Alors faut-il aller dans cette voie malgré tout, en leur demandant d’essayer de s’exprimer par exemple sur un wiki ? Je pense que oui, que c’est un moyen pour leur faire aimer l’écrit justement (si l’outil d’édition est “convivial”). Mais à deux conditions : inscrire dans la durée (ici j’avais deux heures…) , et panacher les formes de contenus (texte, image, vidéo, voix). Il serait très intéressant de scénariser des coproductions coréalisations de contenus dans un travail amont avec les enseignants.
Des questions très pertinentes : les extraits ci-dessus sont majoritairement leur retranscription de réponses apportées à leurs questions. Ainsi des interrogations sur la gratuité, l’exactitude des informations contenues dans Wikipedia, les limites du stockage, etc. - des sujets pour le moins essentiels.
Difficulté d’apporter des réponses simples : une fois devant la classe de collège, j’ai réalisé qu’il s’agissait vraiment d’enfants ; sentiment d’une assez importante responsabilité. Donc un discours prudent, mais il s’avère difficile de faire passer les nuances ; avec les plus grands aussi d’ailleurs. Ainsi ils m’ont prêté “Il nous a dit qu’il n’y avait pas souvent des choses vraies sur internet”, après que j’ai essayé de leur expliquer que Wikipedia n’était pas “paroles d’experts”. Très difficile de nuancer, surtout en deux heures. Idem pour les réseaux sociaux : impossible à mes yeux de ne pas les sensibiliser à la question d’exposition de leur identité sur le réseau. Mais ne pas leur foutre les jetons non plus… pas facile.
Impossible d’être neutre : (du moins pour moi.) Quand un élève synthétise ainsi mes propos : “Il n’y a pas de différence entre le web et le web2.0. Le web2.0 est très marketing, c’est gratuit au début et payant après”, il apparait clairement que j’ai exprimé devant la classe mon un certain point de vue sur le sujet, en l’occurrence le mien, mais il me semble surtout et c’est le plus important, qu’il a très bien saisi où je voulais en venir, et de quoi il retourne (je ne l’ai exprimé qu’une fois). Notez qu’il aura très bien saisi par ailleurs, la formidable baisse de la barrière technique à l’entrée, qui caractérise aussi le “web 2.0″. De la même façon, leur expliquer ou pas le type de licence associée aux contenus de Wikipedia, n’est pas du tout un choix neutre. J’étais donc heureux d’intervenir en tant que témoin résident de cet univers “monde collaboratif” (sachez également que des sociologues passent derrière nous).
Un dernier point : la capacité des plus grands (au lycée) à passer de l’écran de l’ordinateur, à celui du téléphone portable, en toute discrétion (…), et tout en faisant ce que l’on attend d’eux… ça c’est du multitâche !
Je me dis que le téléphone portable comme terminale d’accès à Internet, voilà bien un axe qu’il faudrait creuser.
Conclusion : des expériences très enrichissantes !
Si c’est à refaire, je crois que je corrigerai juste une chose : essayer de leur laisser prendre la parole dès le début, ceci dans la mesure du possible - un possible qui va dépendre de multiples facteurs : attentes et réceptivité des élèves, et de l’enseignant, connaissance globale du sujet par les uns et les autres, nombre d’élèves, temps restant une fois que l’on a vérifié que l’accès à Internet fonctionne …
Ne vous méprenez pas pour autant quand je parlais de “discours” plus haut : il s’agit bien de la façon dont j’ai articulé mon sujet en pensée, pour moi avant tout. Mais l’accent dans les faits, s’est porté sur l’échange avec les élèves.
Et c’est d’ailleurs là qu’on voit qu’on manquera de temps, et qu’on n’évoquera pas toutes les facettes du sujet, parce qu’on commence à peine à cerner le sujet en question… et surtout les différents acteurs à se cerner les uns les autres (…)
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test de trackback sur un article à mon nom, avec la photo svp
Hier, 1er avril : je vois passer l’information mais n’y prête pas grande attention (”probablement une blague”). Mais ce soir dans le JT de France 2, la même information remise au tapis. Diable… est-ce possible ?
Il s’agirait d’un dispositif qui fait scandale en Belgique, un relatif tabac à Londres (3500 unités vendues), et qui arrivera bientôt chez nous… Mosquito, c’est son nom là-bas, s’appellera ici Beethoven.
L’objet : un boitier qui émet des ultrasons au-delà d’une fréquence limite, de telle façon qu’ils sont uniquement audibles par “les jeunes” (…), c’est à dire les plus de 25 ans (en fait ça dépend de votre décrépitude auditive : qu’on peut tester ici).
Le principe : vous posez le boitier en bas d’un immeuble ou devant une boutique. Il émet dans un rayon de 15 à 20 mètres. Et en moins de 8 à 10 minutes, “le jeune” qui squattait là n’en peut plus. Et s’en va.
Magique. Sacré marché en perspective - dire que des ingénieurs se compromettent là-dedans… :-/ . Presque juteux… car ça coince déjà en Belgique (et qu’une association s’est montée pour dénoncer le bidule).
L’affaire a commencé à émouvoir la classe politique belge il y a quinze jours, avec la plainte déposée par un adolescent d’Aywaille, commune située près de Liège. Ce jeune garçon de 14 ans, qui attendait tous les jours le bus devant une banque ayant installé un émetteur Mosquito sur sa façade, était sujet à de violents maux de tête. Faut-il s’inquiéter des effets sur la santé de ce type d’appareil ? «Tout dépend de la durée d’exposition et de l’intensité de la fréquence», explique le docteur Philippe Mahillon. Pour l’instant, aucune étude scientifique n’a été menée.
C’est une des informations les plus choquantes que j’ai entendues depuis un bon moment ; probablement parce qu’il est précisément question d’une technologie de communication.
J’ai failli me retenir de publier ce billet, pensant que ce serait hors-sujet, mais la baseline ici est “Notes, témoignages et réflexions sur l’usage des NTIC” ; et il s’avère que c’est en plein dans-le-sujet.
Il s’agit bien en effet de la communication d’un message (”Tire-toi de là!”), sur un canal spécifique et au moyen d’une technologie moderne, à destination d’un récepteur (prétendument) identifié (”le jeune”).
D’un point de vue moral, éthique et politique, “le jeune” appréciera. Il parait en plus que ça n’ennuie pas les chiens.
Et puis une amie m’a fait remarquer : “et les bébés ?”. Imaginez la scène : fin de soirée, des parents qui se disent au revoir, les gamins dans les poussettes. Soudain : “Mais pourquoi pleurent-ils ? Attention ! Nous sommes à portée du Mosquito”. Fuite de la troupe.
Il va falloir labelliser les zones fréquentables…
En fait je dois avouer que j’ai encore du mal à y croire. L’impression d’écrire en participant à une grosse farce…
Si c’est une farce organisée elle est belle : les journaux télévisés, Libération, d’autres probablement….
Si ce n’est pas une farce, alors c’est vraiment très inquiétant.
Lors du dernier ExplorCampParis, je n’ai pas pu m’empêcher de jouer mon terrien de base en soulignant que le concept d’hypertexte collaboratif ne datait pas d’hier (loin s’en faut).
J’avais ainsi titré (initialement) une diapo de ma présentation “Retour vers le futur”. Bien entendu c’est la baisse spectaculaire de la barrière technique à l’usage (qu’on pourra situer avec l’avènement du “web 2.0″), qui rend aujourd’hui ce concept opérable par tous , et en particulier via l’utilisation de wikis.
On sera surpris à regarder ainsi en arrière, de constater que parfois ce ne sont pas juste des concepts, mais de véritables prototypes fonctionnels, qui avaient vu le jour bien avant leur acte de naissance officiel (= le plus largement reconnu). Ainsi de la souris dès 1968.
Ou comment les NTIC pourraient permettre aux élèves de disposer d’un enseignement multimédia adapté à leur rythme d’apprentissage, et assister l’enseignant dans la gestion des supports de cours, afin de le rendre plus disponible auprès d’eux.
En résumé une sorte d’Education 2.0 (pardon 1.9.6.2) avec du e-learning dedans ; le tout imaginée bien avant l’heure.
Je reprends ci-dessous les photos et légendes du billet sus-mentionné (photos extraites de l’ouvrage également sus-mentionné, et disponibles sur Flickr)
“Teacher’s Helper. In this classroom, the lesson and questions-in spelling, history, geography, and other subjects-are on a series of stacked cards at the top of the device. The student answers the questions by pushing one of four buttons. If he pushes the right one, the page drops down, revealing the next step in the lesson. The machine also scores each student, thus spots the slow learners for the teacher.”
“Film Based Teaching Machine. Student pushes one of four buttons to give answers and his score appears on paper slip at upper right. Teaching machines, expected to boom in the next decade, usually operate on the principal of repetition until the pupil understands. They aim to speed up the learning process and relieve teacher of much paper work in the classroom.”
“Push-Button Learning. Teaching machines break complicated subject matter into bit-by-bit segments, permitting each student to progress at his own pace. This machine, for example (called the “AutoTutor” ), first presents a unit of information. Then come questions based on what the student has learned, together with alternate answers. If the student presses the right buttons for the answers, he is “rewarded” with a new unit of study which appears on the machine. If he flubs the answers, a paragraph of text appears on the screen setting him right, and then he tries again. On the right is a classroom demonstration of the machine—a scene that will be commonplace in future years in most schools.”
ps : si on reconnait ici que demain est toujours déjà là, alors on pourra jeter un regard attentif au texte des Oliviers.
Retour sur une décision prise il y a cinq mois déjà (clore mon compte Facebook)… mais qui s’avère bien difficile à tenir quand on est labellisé Explorateur du Web, et invité à ce titre à s’exprimer sur le sujet.
Moment déclencheur de ce retour dans la matrice : quand mon désir de contribuer à la constitution de l’écosystème Internet citoyen sur Villeparisis, s’est trouvé confronté à la réalité d’un groupe correspondant et de plus de 200 de mes concitoyens déjà inscrits sur Facebook…
Alors nourrir la bête ou pas… disons que l’enjeu revisité me semble d’essayer de tirer le meilleur de la chose, pour un investissement identitaire minimum.
Je voudrais juste citer un autre passage qui me semble éclairant quant à la notion de captage et d’agrégation de “signaux faibles”, que j’évoquais récemment :
Most employees don’t spend their time executing business process. That’s a myth. They spend most of their time handling exceptions to business process. That’s what they’re doing in their [e-mail] inbox for four hours a day. Email has become the great exception handler.
Unfortunately, what it means is all the learning disappears because it’s hidden away in people’s inbox. It’s not searchable and discoverable or findable through tags and folksonomies. And so just simply moving some of that exception handling into a more transparent, searchable, and discoverable Wiki means that you have the opportunity to gain a different kind of competitive advantage. […]
So at the edge of your organization, there are all kinds of exceptions that are happening. If you handle them appropriately, you can adapt to where the market is going.
Ross Mayfield détaille également les champs d’application des wikis Socialtext mis en oeuvre dans les entreprises. A lire dans l’interview.
Dapper est un service qui repère au sein de pages web des patterns de données structurées, mais non déclarées comme telles.
Une application spectaculaire de ce service est Where are trains, réalisée par Olivier Gosselin, et qui affiche en temps réel la localisation des TGV sur le territoire français :
Les données sont extraites avec Dapper à partir d’un tableau disponible sur le site Gares en mouvement (SNCF )
A partir duquel on peut réexporter les données dans différents formats
J’ai testé pour vous…
De façon bien plus modeste, j’ai fait mouliner par Dapper la zone Actu (un tableau html) située en page d’accueil du site de la municipalité de Villeparisis, où j’habite (le site ne propose pas de flux RSS… si si… c’est vrai).
Dapper est relativement “intelligent” : vous cliquez dans le champ de données qui vous intéresse, puis s’il en retient trop, vous cliquez de nouveau pour enlevez le surplus, et assez rapidement il arrive à cerner ce que vous lui demandez d’extraire.
On peut imaginer d’autres usages : je viens d’essayer de générer un flux RSS à partir d’un tableau alimenté sur un wiki, et un widget flash à partir d’une liste délimitée par des titres, sur la même page du wiki.
Il faut juste laisser le temps au service de rafraîchir les données dans le flux. Et se limiter à l’ajout de ces dernières là où elles sont attendues.
Ajout : en fait le résultat est assez aléatoire à partir de la page du wiki… alors que ça fonctionne parfaitement dans l’exemple de la rubrique Actu du site de Villeparisis. J’ai l’impression qu’il faut délimiter proprement le bloc de données, en particulier que les éléments qui l’entourent soit fixes…?
Ajout 16/03 : un billet sur la prise en compte du phénomène “Entreprise 2.0″ (wiki inside) par les gros acteurs traditionnels du logiciel pour entreprises : ReadWriteWeb.Com
Patrick Gilles (Chargé de mission TIC, système d’information & évaluation), nous explique la façon dont le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche) s’est doté d’un wiki afin de permettre la rédaction collaborative de son Journal.
Interview réalisée par e-mail pour Valeurs d’Usages.
Pouvez-vous nous dire dans quel contexte a été engagé ce processus de co-rédaction via un wiki ?
La mise en place d’un wiki pour le journal du Parc s’est faite à l’occasion de la préparation du premier numéro.
L’objectif était de permettre à l’ensemble des membres de l’équipe du Parc (16 personnes) de participer à la rédaction de ce journal.
En charge des TIC, et plus particulièrement des nouveaux usages qui en découlent, j’ai proposé à ma Direction de « tester » ce nouvel outil de travail collaboratif.
Quelle solution technique avez-vous retenue ?
Le wiki utilisé est WikiNi(ndr : logiciel libre sous licence GPL). Comme l’indique la notice de présentation, il s’installe en une dizaine de minutes sur un serveur web supportant Php et une base de données MySQL.
Ensuite, tous les paramétrages se font via le navigateur web.
Un logiciel libre : choix délibéré ?
Le choix du libre s’est fait par “philosophie” (le Parc s’est engagée dans un politique en faveur de l’usage de solutions libres) et pour des questions de souplesse.
De quel budget disposiez-vous ?
Aucun budget n’avait été prévu pour l’acquisition d’une application répondant à nos besoins. Le recours à une solution open source gratuite s’imposait donc.
De quelle façon a été accueilli le wiki parmi vos collaborateurs ?
Le projet d’utiliser le wiki a été présenté en réunion d’équipe. Le mot « wiki » a fait sourire pas mal des mes collègues qui n’avait pas connaissance de ce type d’application. Une démonstration a suivi pour démontrer la facilité d’usage.
Globalement le projet a été facile à vendre, dans la mesure où aucune habitude de travail n’existait avant, puisque la création du journal a été à l’origine de la création du wiki. Aucune forme de « résistance au changement » n’a pu donc se manifester.
Tout le monde a bien joué le jeu et nous n’avons eu recours à aucun autre support pour préparer ce premier numéro (et les suivants).
En pratique comment est utilisé le wiki ?
Le wiki permet de rédiger les 16 pages du journal. Tous les chargés de mission du Parc peuvent y accéder, soit pour rédiger eux-même un article dont ils ont la responsabilité (choix défini en comité de rédaction), soit pour relire les articles des autres.
Ce wiki est également ouvert à un journaliste qui a pu effectuer un travail de re-writting, ainsi qu’au graphiste en charge de la conception du journal. Ces deux personnes sont externes à l’équipes et interviennent comme prestataires.
Pour procéder à la conception et la mise au net du journal, le graphiste récupère tout depuis le wiki par simple copier/coller vers Quark Xpress, puis il nous envoie les BAT (bon à tirer) au format PDF. Une fois les BAT validés, il transmet les fichiers nécessaires à l’imprimeur.
Qu’en est-il de la gestion des droits d’accès ?
Pour les 2 premiers numéros, le wiki était ouvert et accessible sans mot de passe. On a préféré lui donner d’entré de jeu un caractère non contraignant, chacun pouvant rédiger, consulter et commenter librement les contenus des uns et des autres. Je pense que cette “liberté” d’accès a été appréciée et quelle a réellement participé au succès du wiki.
Par la suite, le wiki qui initialement était le WikiJournal est devenu le WikiParc, comprenant une section journal parmi d’autres.
Cette restructuration s’est accompagnée d’un changement des modalités d’accès avec le passage par une étape d’identification, qui ne correspond pas pour autant à une logique de cloisonnement, mais bien plutôt au souci de permettre à celui qui se connecte, d’accéder directement aux contenus qui le concernent.
Quid des besoins de formation ?
Parler de formation serait un peu exagéré. Nous avons simplement profité d’une des réunions d’équipe hebdomadaires pour faire un tour d’horizon de l’outil avec l’ensemble des personnes concernées, en portant notamment une attention particulière aux règles de formatage (la syntaxe wiki).
Une stratégie pour faciliter l’usage du wiki ?
Nous avons mis en place un gabarit de page qui permet de naviguer très facilement dans le wiki, depuis un pied de page standard.
Par ailleurs, le responsable éditorial de chaque numéro procède toujours de la même manière, afin que chacun s’y retrouve et sache exactement ce qu’il a à faire.
Chaque numéro dispose ainsi d’une page d’accueil, à chaque fois identique, sur laquelle on retrouve (notamment) un lien vers une page “chemin de fer”. Depuis cette page on va retrouver la liste de tous les articles prévus, avec le nom du rédacteur et un lien vers la page de rédaction.
Enfin, sur chaque page de rédaction on retrouve les informations utiles au rédacteur (nombre de signes attendus, angle d’attaque à donner à l’article, nombre de visuels attendus avec informations relatives à leur nommage ainsi que l’emplacement où les déposer).
D’autres “recettes” pour faciliter l’appropriation du wiki ?
Nous nous sommes mis à l’écoute des utilisateurs : à l’issue de la rédaction du premier numéro du journal, ils ont été invités à faire part de leur retour d’expérience, et nous avions convenu que si l’utilisation du wiki ne donnait pas satisfaction, on l’abandonnerait pour les numéros suivants.
Nous avons également veillé à ce que l’appropriation du mode de fonctionnement du wiki se fasse de manière progressive. Ainsi, concernant l’appropriation de la syntaxe propre au wiki, cela se traduit par la démarche suivante : pour leur premier contact avec le wiki, les utilisateurs sont invités à considérer ce support de rédaction comme du “papier brouillon”, sans avoir à focaliser sur la forme. Seul compte le fond.
Progressivement, quelques uns vont vouloir mettre un titre en gras ou un paragraphe en italique. Dès lors, au fur et à mesure des demandes, la page “AideWiki” s’enrichit des règles de formatage indispensables. Mais contrairement à la page par défaut “règles de formatage” de wikini, celle-ci ne contient que ce qui est réellement attendu par les rédacteurs.
On bénéficie ici de toute la souplesse d’un wiki pour faire évoluer cette page d’aide au gré des besoins des utilisateurs.
Enfin bien entendu, il faut transmettre sa propre motivation et être quasi « incollable » sur l’application lors des démonstrations, et mettre en avant les points forts, notamment en insistant sur la simplicité d’utilisation.
Quel bilan tirez-vous ? Des perspectives ?
Comme je le disais, aujourd’hui non seulement on continue d’utiliser le wiki pour les nouveaux numéros du journal mais en plus, de nouveaux « débouchés » ont été trouvés : préparation du bilan d’activité, rédaction d’une plaquette d’information, rédaction d’un dossier de communication institutionnelle.
Pour chacun de ces projets, ce sont 3 à 9 personnes qui sont concernées.
Merci !
Contact
Patrick GILLES
chargé de mission TIC, Système d’information & Evaluation
Parc naturel régional des Monts d’Ardèche
pgilles@parc-monts-ardeche.fr www.parc-monts-ardeche.fr
Deux ressources intéressantes sur l’usage et la pratique des wikis au sein des organisations :
Intervention filmée de Benoît des Ligneris, “Les wikis dans un contexte gouvernemental”, conférence WebEducation (organisée par les services gouvernementaux du Québec) du 13 décembre dernier (vidéo accompagnée de slides et d’un billet ; approche globale, enthousiaste et éclairante sur le sujet).
Wikibility of Innovation Oriented Workplaces - The CERN case - Thèse de Master Communication et Economie, Vincenzo Cammarata, à consulter et télécharger ici.
Résumé de l’auteur : “The value of this work is the approach: 1. I link the use of Wiki, and more in general E2.0, to Innovation production and so to the Competitive Advantage of an Organization. 2. The Organizational Culture perspective that is not linked with the use of technology but with the way to work. The propose of a Wikibility Audit is the result of this approach to E 2.0 and the link with ROI)” (un large tour du sujet).