Entreprise 2.0 et outils légers : nouvelle niche ? (#1) – Hypothèses
23 oct, 2006
Un billet en trois parties : commencer à expliciter ici la perception de la notion d’Entreprise 2.0, celle des outils « légers », et se demander s’il n’y a pas à la jonction des deux une niche d’opportunités.
Web 2.0
Je ne vais pas -tenter de- définir ici ce qu’est le Web 2.0 (trop long, trop compliqué et d’ailleurs d’autres s’en sont déjà chargés, bien mieux que je ne saurai le faire – consulter les quelques 35.700.000 réponses sur Google.
En revanche j’aimerais exprimer ce qui me gène dans cette nouvelle façon de jouir du Web, un aspect qu’il me semble important de considérer et à plus forte raison pour une entreprise (je préciserai plus loin de quel type), qui serait séduite par ces nouvelles façons de faire, et envisagerait d’en transposer les pratiques pour un usage professionnel.
Derrière le Web 2.0, il est pratiquement toujours question de « services web propriétaires » (on s’interroge d’ailleurs sur l’amplitude de leur valorisation) : ceci implique que la couche applicative mais également les données des utilisateurs sont couvées dans des fermes logicielles.
En outre le Web 2.0 quoi qu’on en dise, c’est beaucoup de buzz (un truc hype, il faut « en être ») et tout le monde s’extasie devant les possibilités de telles ou telles nouvelles interfaces présentées comme « révolutionnaires » – (la révolution étant que tout le monde partage avec tout le monde – notons que selon ce que l’on partage et l’échelle considérée, le concept peut rapidement devenir décadent et contre-révolutionnaire- et quant à la révolution de l’interface utilisateur, il peut être intéressant de se demander quelle en est justement la part cosmétique).
Le buzz pousse donc à la consommation – à l’usage pardon. Pour finir de convaincre les fines bouches ou les esprits grincheux, cerise sur le gateau : l’hébergement « gratuit » des données à hauteur de plusieurs Giga-octets.
Par delà la gratuité
Bien évidemment rien n’est jamais gratuit. Donc ces services vont nécessairement chercher à se payer sur les données qu’ils hébergent.
Des données précisément captives, qui seront sondées, analysées (tout ceci pouvant être revendu). Des données profilées… et leurs propriétaires (ou plutôt ceux qui les auront « pondues » là) avec.
Libre à chacun d’en faire son parti, mais il est néanmoins intéressant de considérer une autre tendance : le nombre croissant de développeurs qui ont aujourdhui pour ambition de partager le fruit de leur travail (en particulier des logiciels qui autorisent ces pratiques « 2.0″), mais selon des modalités d’usage radicalement différentes – cf. les logiciels libres et la license GPL.
On pourra se demander s’il n’est pas opportun de participer de ce mouvement.
Web 2.0 -> Entreprise(2.0)
Le concept d’Entreprise 2.0 défini par Andrew McAfee, désigne l’application des pratiques du Web 2.0 au sein des entreprises (au sens large : organisations).
Il renvoie à l’usage d’un certain nombre de méthodes réunies sous l’acronyme SLATES : search, links, authoring, tags, extensions, signals.
En français : recherche, mise en liens, édition, étiquettage des données, possibilités d’extension des fonctionnalités, signalisation.
De quoi s’agit-il ? : partager des informations, externaliser des savoirs tacites et documenter les expériences, éditer aisément les contenus (tout comme leur mise en liens hypertextes), faciliter les recherches grâce à l’étiquettage des données par les utilisateurs (tags), interfacer (avec le courrier électronique par exemple), alerter sur les modifications au moyen de flux rss.
Finalement il s’agit de mettre en exergue les dynamiques de collaboration, et de mettre à leur service des outils, afin d’essayer de dégager une valeur ajoutée de l’interaction entre les collaborateurs.
Une question de périmètre
A supposer que soit validé l’intérêt de telles pratiques interactives, il faudra se poser la question du choix des outils.
Pour l’entreprise, c’est également une problématique de périmètre : si elle peut vouloir se saisir de la valeur d’usage de ces outils, elle n’aura pas forcément envie de rejoindre la grande communauté Web 2.0. Ni de prendre les questions de privacy à la légère (on pourra rétorquer qu’il n’est pas nécessaire de sombrer dans la paranoïa… hmmm…)
Se posera également la question d’(in)dépendance en ce qui concerne l’accès au service – y compris relativement à des devenirs plutôt volatiles en ce domaine.
Et puis comment garder la main sur les données : peut-on par exemple les exporter pour une réutilisation hors ligne ou ailleurs ? La question rejoint celle du niveau de confidentialité requis.
Quelques liens « critiques » sur le paradigme 2.0 :
- A fake freedom sur O’Reilly Network
- Esclavage 2.0 : Eux, nous et moi par Karl Dubost (+autres liens)
- L’unité documentaire de Google, c’est vous sur Blogo Numericus
- Pérennité par François Nonnenmacher (flux vs stockage – intéressant)
Suite : L’Entreprise2.0 : une nouvelle niche ? (#2)- exemple du partage de signets





Un commentaire sur “Entreprise 2.0 et outils légers : nouvelle niche ? (#1) – Hypothèses”
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nda : pour suivre « Entreprise2.0″ : ‘free form’ – ‘egalitarian’ (http://ross.typepad.com/blog/2006/05/enterprise_20_s.html) – read/write
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