Flux RSS : le push nouvelle génération (#2) – Push, liberté d’usage et interopérabilité
06 nov, 2006
Suite du billet « RSS : définition et utilisation »
Retour sur la notion de push
Le push désigne un processus et un ensemble de technologies associées, par lesquels des informations ciblées par, ou pour un usager d’Internet (ou d’un réseau), sont acheminées jusqu’à lui .
Il peut s’agir par exemple d’un abonnement à une liste d’information – les newsgroups sont un outil déjà ancien : Usenet date de 1979.
A noter qu’un processus de push, qui utilise comme vecteur de transmission le courrier électronique, est véritablement du push, tant au niveau technique qu’éditorial : l’information contenue dans l’email est en effet « physiquement » poussée jusqu’à la boîte aux lettres de l’usager, et ceci à l’initiative d’une source qui pousse (envoie).
Dans les années 1995/97, des services de push qui ne s’appuient pas sur le courrier électronique, voient le jour : on peut citer Backweb, Castanet (société Marimba) ou encore Pointcast (consulter ces pages d’époque pour une plus longue liste) ; et tout le monde connaît Active Desktop de Microsoft (intégré à IE4) qui permettait d’alimenter son bureau Windows avec des éléments web dynamiques.
On abonnait un logiciel client (installé sur le poste) à des « channels » d’information (pouvant également véhiculer du code logiciel), qui poussaient les données dans divers formats propriétaires : CDF (XML) chez Microsoft ou encore Netcaster chez Netscape.
De nombreux clients seront installés (Pointcast compte 1,7 millions d’usagers en 1998). On considère à cette époque que le push « est l’avenir du Web »… mais c’est à un phénomène de « non adoption » auquel on assistera finalement, et à la mort de ces solutions dans leur versions grand-public.
Pusher… quoi ?
Dès cette époque de multiples usages du push ont été envisagés :
- push technique/utilitaire : mises à jours de logiciels (patchs automatiques en entreprise, mises à jour de Windows XP, de logiciels par Internet..)
- push dans des chaînes de workflow : alertes sur tickets/dossiers clients, signaux pour actions à effectuer…
- push pour s’informer : par exemple les news tickers (bandeau défilant en « temps réel » comme celui de la BBC),
- et puis tous les usages des newsletters : recherche d’emploi, information/suivi clientèle, veille…
Dans tous les cas l’accès (ou plutôt la réception) pourra se faire sur abonnement ou non, être gratuite ou payante, et nécessiter une configuration particulière du poste ou pas. Selon la configuration, des inconvénients de toutes natures peuvent être relevés.
Inconvénients du push « ancienne génération »
Quand il est question d’installer un logiciel client sur l’ordinateur (comme cela fut notamment le cas pour l’internaute, comme on l’a décrit ci-dessus, dans les années 90) :
- soit c’est une démarche bien encadrée au sein d’une entreprise,
- soit cela revient à ouvrir sur l’ordinateur un canal de communication avec l’extérieur, et à compter avec le caractère nécessairement « boîte noire » d’un logiciel : une double problématique sécurité/intrusion,
- sans compter l’usage local de ressources.
Quand il s’agit d’un abonnement par email, d’autres inconvénients se font jour :
- si la démarche d’inscription est active, la réception de l’information est ensuite passive : risque qu’elle ne reste pas assez ciblée dans le temps, ou trop fréquente/abondante…
- … avec des procédures de désabonnement parfois (très) laborieuses.
- et il y a bien entendu un risque de « fuite » des adresses email : donc de spam.
Intérêt d’un « abonnement sans abonnement »
Les flux RSS tels qu’on les connait depuis 1999 sont une variante de push : on peut dire qu’il s’agit d’un push éditorial sur fond de pull technique.
- le lecteur RSS (installé sur l’ordinateur ou un service en ligne) va vérifier régulièrement la présence d’informations « fraîches » sur les sites cibles : c’est bien du pull technique, car l’information est effectivement « tirée » du site,
- mais cette information est restituée à l’utilisateur sous la forme d’un signalement de « contenus non lus » (à l’instar du « nouveau message électronique »), et cette diffusion est déclenchée à l’initiative du site source : c’est bien du push éditorial.
Les avantages liés au pull technique sous-jacent sont multiples pour l’usager :
- procédure d’abonnement/désabonnement entièrement maîtrisée,
- pas d’adresse de courrier électronique à laisser : pas de spam,
- lecture de l’information directement sur le site : information de référence et à jour.
Pour le webmaster, la gestion est simplifiée (notamment pas de newsletters ni de listes d’abonnés à gérer), et l’information diffusée peut être corrigée/mise à jour au besoin sur le site (en revanche le suivi de l’audience est plus complexe).
Intérêt en terme d’interopérabilités
Le RSS est aujourd’hui un outil (du point de vue des usagers) très largement adopté ; suffisamment pour constituer un standard de fait (en particulier RSS 2.0).
Les lecteurs et parsers (composants logiciels agissant à l’ombre des interfaces utilisateurs) étant multiformats, et relativement tolérants, on pourra parler d’interopérabilité du RSS : autrement dit je suis susceptible de pouvoir lire le flux RSS de n’importe quel site, avec n’importe quel lecteur/bibliothèque logicielle (enfin à priori…).
Ce qui est intéressant, c’est surtout que le RSS devienne une pratique standard – de fait. En août 2006 une enquête IPSOS révélait que 11% des internautes étaient abonnés à des flux RSS.
Notons d’ailleurs un second niveau d’interopérabilité, non plus concernant la capacité des lecteurs RSS à lire les flux, mais la possibilité d’une pratique de partage d’aggrégats de flux entre lecteurs (logiciels et humains).
Il est en effet possible d’échanger des listes de flux RSS structurées sous forme de fichiers OPML (comme celui-ci) : de plus en plus d’aggrégateurs permettent l’import/export de ces fichiers OPML.
Plus d’informations
- Wikipedia: RSS
- Rss.diglin.com
- OpenWeb: RSS
- Websemantique: RSS
- Webreference: The Evolution of RSS
- Webreference: Liens sur le RSS
- RSS Advisory Board
- RSS Reader Security Check (pas abordé ici mais à considérer : tester les failles de sécurité de son lecteur RSS)
- Choisir son lecteur RSS : Olivier Ezratty aborde d’autres facettes
- 100 idées pour utiliser RSS : sur Vtech





3 commentaires sur “Flux RSS : le push nouvelle génération (#2) – Push, liberté d’usage et interopérabilité”
01
nda : à suivre RSS en entreprise, articulation avec/des outils, types de validation (exante/expost)
02
Bonne analyse!
Le « next step », c’est de voir comment les lecteurs RSS vont devenir intelligents et présenter en priorité les articles les plus pertinents, éviter les doublons, etc.
Attention au passage à l’orthographe de mon nom…
03
(mes excuses Olivier-c’est corrigé) – Je viens de jeter un oeil à mes feeds rss : 300 non lus (trop de soucriptions récentes mais pas seulement). Si je dois avouer que la notion de pertinence me fait un peu « peur » (notamment parce que j’ai le sentiment que l’essentiel (d’un point de vue personnel) se cache parfois entre les lignes et dans les yeux de celui qui cherche), pour ce qui est des doublons ce serait effectivement bien pratique de pouvoir paralléliser tous les items qui traite à priori de la même chose (et les traiter par lots).
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