Facebook : nourrir la bête ou pas ?

28 oct, 2007

La lecture d’un billet de Jean-Marie Le Ray concernant les « conditions d’utilisation » de FaceBook a achevé de me convaincre.

Ce que je savais déjà, c’est que je n’ai pas le temps de jouer avec cette plateforme (ben non…) ; s’ajoute à cela des « conditions » on ne peut plus permissives, et que je trouve floues.

En effet selon les terms, les données que l’utilisateur fournit à FaceBook alimentent son « profil », et l’utilisateur accepte que ce dernier soit concédé par FaceBook à qui que soit et pour quelques usages que ce soient (ce n’est pas rien).

On peut également lire dans un autre texte que l’utilisateur autorise FaceBook à aggréger des informations le concernant en provenance de toutes sources possibles (en-ligne comme hors-ligne – journaux par exemple) pour nourrir son « profil ».

Bien entendu il est mentionné que l’utilisateur concède les droits sur son « profil » relativement aux données qu’il a fournies. Mais la formulation des différents textes est telle, que le dit « profil » y est finalement un terme pivot qui joue l’ambiguité.

Bref il s’agit de signer là un chèque en blanc, étant donné que l’utilisateur accepte par ailleurs que ces conditions d’utilisations sont modifiables sans préavis.

Sachez aussi qu’il est impossible de clôturer un compte : on peut juste le « désactiver », autrement dit le mettre en veille. Les données sont alors « archivées ».

Enfin il est légitime de s’interroger sur les relations que peut entretenir FaceBook avec les agences du renseignement américain (c’est à dire mondial si ce n’est déjà le cas…) – voir à ce sujet le lien en bas de page sur le site original de la vidéo Does what happens in the FaceBook stay in the FaceBook.

Facebook:desactivation

Voilà. Je sais que FaceBook est un « incontournable », mais je n’ai pas envie à cette heure de nourrir la bête. Un dernier mot pour rebondir sur l’introduction d’un autre billet de Jean-Marie.

Je sais bien que nous sommes déjà « profilés » et tracés, en tous sens et partout, et que ce geste de désactivation de compte est de peu (d’autant que j’ai peu participé sur FaceBook).

Je sais aussi, ou plutôt malheureux d’en être convaincu je le déplore, que l’avenir est à une société de contrôle généralisé.

Le truc c’est de savoir de quelle nature elle sera, autrement dit quel chemin va prendre cette tendance et comment nous allons l’accompagner.

Par exemple individuellement, on peut choisir d’investir FaceBook ici et maintenant. On pourra aussi préférer attendre des solutions qui aillent plutôt en ce sens.

Je n’ai bien entendu aucune illusion quant à la capacité des profilers à « intégrer » demain nos profils quoi qu’il en soit. Mais le problème posé n’est pas uniquement technique, sous-tendu par la technologie.

Il est aussi d’ordre juridique et donc symbolique. J’ai besoin que les règles du jeu soient un peu plus « démocratiques ».

Comme à cette heure, et je suis certain de ne pas être le seul, je suis incapable d’intégrer toutes les données du problème, je préfère casser l’implacable scansion qui s’impose et traîner en route, faire un détour. Je revendique le droit de ne pas y voir assez clair, quitte à passer pour frileux en l’espèce.

Et en ce qui concerne FaceBook, je lirai ce que mes amis explorateurs et d’autres en disent.

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3 commentaires sur “Facebook : nourrir la bête ou pas ?”

  1. 01

    « Je sais aussi, ou plutôt malheureux d’en être convaincu je le déplore, que l’avenir est à une société de contrôle généralisé.

    Le truc c’est de savoir de quelle nature elle sera, autrement dit quel chemin va prendre cette tendance et comment nous allons l’accompagner.

    (…)

    Je n’ai bien entendu aucune illusion quant à la capacité des profilers à “intégrer” demain nos profils quoi qu’il en soit.

    (…)

    Comme à cette heure, et je suis certain de ne pas être le seul, je suis incapable d’intégrer toutes les données du problème, je préfère casser l’implacable scansion qui s’impose et traîner en route, faire un détour. Je revendique le droit de ne pas y voir assez clair, quitte à passer pour frileux en l’espèce. »

    Des mots qui me touchent de près, mais je crois que j’y répondrai plus tard, dans un billet, histoire de me donner le temps de la réflexion et l’espace nécessaire pour développer ma pensée.

    Quant aux liens avec la CIA, notamment, j’y consacrerai un billet, mais la vidéo au bas de « Facebook : conditions d’utilisation » en donne déjà une idée (en anglais).

    Jean-Marie

    Jean-Marie Le Ray at 28 oct, 2007 around 10:42
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  2. 02

    100 % d’accord avec ta conclusion, Sébastien!

    Jean-Luc R. at 29 oct, 2007 around 2:03
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  3. 03

    @Jean-Marie: je te lirai avec plaisir ;-)

    sebastien at 30 oct, 2007 around 14:50
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